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ARNAUD CLAASS

Extraits

Inspirées par un amour intense de la photographie, les pages qui suivent ne cherchent en aucune manière à en dresser une théorie. Peut-être supposent-elles même, dans leur nomadisme et leurs sauts de pensée, qu'un tel projet relèverait de l'impossible. Elles tentent de cerner l'un de ses pouvoirs les plus étranges, souvent assimilé à un « effet de réel ».
Source d'un plaisir unique face à la beauté du monde, d'une inépuisable interrogation sur la nature de la réalité, sur le statut des événements historiques et de la violence sociale, sur la définition changeante de l'art, de la mémoire ou du soi, marqueur des incidences de la technologie sur nos perceptions, et par-dessus tout de la plasticité du temps, cet effet est également le motif d'une remise en question constante de la photographie par elle-même.
Les images sont des objets auxquels nous aimons croire, mais aussi ne pas croire.
On ne s'étonnera pas de trouver ici des développements, parfois polémiques, sur la porosité des frontières entre des pratiques institutionnellement considérées comme artistiques et d'autres qui semblent échapper à cette qualification. En effet, je suis persuadé que ces catégories sont encore plus fluctuantes que ne le reconnaissent parfois les représentants les mieux intentionnés du monde de l'art. Il ne s'agit nullement de nier les vertus de l'accueil fait par ces derniers à ce médium, mais d'en mettre en relief certaines limitations implicites, souvent liées, entre autres choses, à l'obsession doctrinaire du modèle pictural (du moins, d'un modèle pictural très particulier) et qui les pousse à ignorer allègrement des pans entiers d’une culture photographique dont l’effervescence ne se dément pas.
L'une de mes convictions est que, si l'on ne peut plus parler aujourd'hui d'une essence de la photographie, l'ère du refus catégorique des spécificités médiales est elle aussi révolue.
Pour le dire autrement, il est aujourd'hui possible, me semble-t-il, d'opposer à la spécificité ontologique du médium non plus un déni de principe mais une spécificité différentielle. La nature de la photographie, si cette expression peut avoir un sens, me semble être sa résistance farouche à toute définition substantielle. Mais le recours à la notion d’ « outil », qui entend noyer purement et simplement la question dans les procédures, ne résoud rien. Les conceptions ustensilaires du médium (par exemple celles propres à l’ère postmoderne) et leur opposé, le cramponnement à une essence invariante (dérive d’un modernisme mal compris) me paraissent également infondés. À ces deux impasses est venu s’ajouter le mythe anxieux et tenace d’une disparition du lien au réel occasionnée par le numérique. « La » photographie se signale donc en quelque sorte, à bien des égards, par ce qu’il est presque impossible d’en dire – mais aussi par les mille manières concevables de dire cette quasi impossibilité.
Au long de ces textes (dont les premiers contours me sont souvent venus à l’esprit au cours de mes longues marches photographiques) les exemples d'œuvres nommément citées sont nombreux et ils couvrent toute l'histoire de la discipline. Mais il ne sont pas pléthore et n’engagent pas, loin s’en faut, l’étendue, esthétique ou géographique, de mon «  musée imaginaire ». Cette attitude est délibérée. Je souhaitais éviter des nuées de références qui étourdiraient le lecteur, tout en maintenant un éventail suffisamment ouvert pour mobiliser la diversité des thèmes abordés. Certains passages soulèvent des problèmes d'une grande complexité et il m'a semblé qu'un déluge de références en aurait rendu la lecture inconfortable.
Il arrive qu'une même idée soit examinée depuis plusieurs points de vue différents, en des endroits du texte assez éloignés les uns des autres. Cela peut être considéré comme un équivalent de la disponibilité à l'aspect changeant de toutes choses, vertu cardinale pour tous les photographes ou utilisateurs de photographie, quelle que soit leur obédience.
A.C.......

Le réel de la photographie

Inspirées par un amour intense de la photographie,

Le réel de la photographie, 2012

Je n'imagine pas d'autre incitation à photographie

conférence International Center of Photography, 2009

Pour moi, la saisie photographique est, dans tous

Semaine N°42, mars 2005, à l'occasion de l'exposition Mémoire vive, CPIF et Musées de Sens, 2000

L ‘image photographique non comme réponse, ni même

Photographies 1968-1995, Actes Sud, 1996

…Les images les plus puissantes nous semblent touj

conférence Le Retournement photographique, 20e Forum Le Monde-Le Mans, D'où venons-nous ? Retours sur l'origine, 14-16 novembre 2008, 2000